Le réseau des Attac d’Europe rejette le pacte budgétaire adopté à Bruxelles

Le réseau des Attac d’Europe rejette le pacte budgétaire adopté à Bruxelles ce vendredi 2 mars 2012 sous le nom de Traité sur la stabilité, la Coordination et la  Gouvernance
Ce nouveau traité impose une austérité généralisée en Europe, par l’adoption d’un plafond à la dette à intégrer dans le système juridique national des états membre et l’intensification du Pacte de stabilité et de croissance, y compris le contrôle budgétaire et les sanctions appliquées aux états qui n’auraient pas mis en œuvre des politiques de réduction de dette.
Ce programme d’austérité généralisée comprend des réductions importantes dans les services publics, dans la sécurité sociale, la financiarisation du système des retraites, des attaques contre les droits sociaux par la réforme du marché du travail. Des droits sociaux durement acquis passent à la trappe. Par conséquent le coût de la crise est supporté par les gagne-petit. Les banques et les riches s’en tirent pratiquement indemnes et c’est la grande majorité des gens qui doivent payer. En Grèce, ce type de politiques a provoqué une grave récession et le chaos social et économique. À l’échelle européenne, il a comme conséquence une réduction des rentrées fiscales, un ralentissement de la croissance, un taux de chômage en hausse et donc une crise de la dette qui va de mal en pis.Le pacte budgétaire constitue un pas supplémentaire vers une Europe technocratique et non démocratique. Il place le pouvoir de décision pour des domaines économiques cruciaux dans les mains d’organes non élus dont la préoccupation principale est de ‘rassurer les marchés financiers’. La construction juridique d’un traité intergouvernemental crée par ailleurs un niveau d’action qui excède le cadre juridique de l’UE.
Nous dénonçons les procédures anti-démocratiques instaurées par le nouveau Traité ainsi que les politiques économiques qu’il promeut, politiques qui vont plonger l’Europe dans une crise économique et sociale de longue durée. Si nous voulons vraiment trouver une solution à la crise, il faut aller chercher l’argent là où il est, chez les plus fortunés et auprès des grandes entreprises, par un impôt sur la fortune et un impôt sur les bénéfices des sociétés..Il faut désarmer les marchés financiers et placer le secteur bancaire sous contrôle public et social. Les gouvernements doivent se libérer de l’emprise des marchés financiers, et il faut rendre l’investissement public possible par des prêts de la banque centrale, contrôlés démocratiquement. Un secteur bancaire public et coopératif doit garantir les droits sociaux et financer la transition écologique.Il faut démocratiser la prise de décision au niveau européen. À cette fin, il faut enclencher un processus de constituante, élaborer démocratiquement un nouveau traité, lancer un débat public, transparent et responsable sur les perspectives à envisager pour l’Union européenne. Plus que jamais, une autre Europe est possible et nécessaire.